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 [Concours] Fièvre*

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Moescha



Nombre de messages : 2
Age : 35
Localisation : Grenoble
Date d'inscription : 07/06/2007

MessageSujet: [Concours] Fièvre*   Lun 6 Aoû - 18:59

C'était un peu avant le matin, un de ces moments où la nuit fugitive glisse lentement vers l'aurore, délaissant tout doucement son manteau de ténèbres, un de ces moments où l'obscurité règne encore mais où elle sait qu'elle doit bientôt céder son trône majestueux pour le reprendre peu après. La fraîcheur nocturne envelopait de sa froide étreinte les pauvres maisons collées les unes aux autres, comme se rapprochant entre elles pour retenir le peu de chaleur qu'elles contenaient. Un vent léger balayait les ruelles étroites de ce faubourg misérable. Le pavé, lisse, froid et dur, reflétait les pâles lueurs des rares torches accrochées sur les murs et qui s'étouffaient alors de leur propre ardeur. Un instant, un chien errant traversa la rue à la recherche d'une proie qui semblait lui échapper toujours; il s'arrêta comme pour trouver sa route, leva la tête vers la noirceur d'un ciel sans étoiles, puis brusquement, comme s'il était éffrayé, repartit en courant pour s'engouffrer dans une ruelle obscure. Un aboiement résonna en écho pour finalement s'éteindre dans un silence de glace.

Toutes les maisons semblaient endormies, voguant dans un sommeil sans rêves, toutes sauf une. De cette petite habitation un peu à l'écart s'évadait la lumière vacillante d'un feu de cheminée; solitaire, épuisée et d'un état lamentable, on sentait s'en échapper à la fois l'inquiétude et l'angoisse. A l'intérieur se déroulait un bien plus triste spectacle: sur un lit au centre de la pièce gisait un corps fiévreux dont on ne pouvait déterminer le sexe tant son apparence rongée par la maladie n'avait quasiment pus rien d'humain. Ruisselante de sueur et d'un liquide visqueux, la forme, cette chose, respirait difficilement, et remuait quelquefois comme prise de spasmes douloureux. Autour du lit, trois enfants maigres et décharnés, une femme à l'air encore jeune mais endurcie par une vie de labeur, et une vielle femme courbée en deux sous le poids de la vieillesse. On veillait la " chose " qui semblait n'avoir guère plus que quelques instants à vivre. Dévorés par la fatigue, les visages épuisés n'osaient même pas se faire face et plongeaient leurs regards au sol à la recherche de quelque chose qu'ils ne trouvaient pas, l'espoir.

Alors, sur la fenêtre entrouverte vient se poser un corbeau énorme dont le bruit d'ailes troubla à peine le faubourge endormi. Mais si discrète que fut son arrivée, tous les veilleurs se retournèrent vers cet insolite et dérangeant visiteur. A la vue du funèbre charognard tant maudit dans l'Empire, la jeune femme poussa un cri de surprise, la vieille femme se mit à gémir se prenant la tête à deux mains, les enfants, interdits, scrutaient avec horreur le présage de mort, puis tous se signèrent et se mirent à prier dans le plus grand désespoir. Mais le corbeau, de son oeil noir et étincellant, jeta rapidement un oeil sur le lit, hocha la tête, puis après un croassement lugubre s'élança dans les ténèbres d'où il était venu. Inquiets, tous semblaient attendre l'inéluctable moment où la fièvre emporterait son hôte vers son dernier voyage, le traînant par les pieds derrière sa grande robe noire, comme elle le faisait toujours.

Mais soudain, l'un des enfants, celui qui semblait être le plus âgé, se leva ou plutôt bondit sur ses pieds :
_Maman! C'est Heindrich qui revient, c'est lui! Je l'entends, il les a touvés, écoutez-tous!
En effet des bruits de pas, la cadence militaire d'une petite troupe en approche, se faisaient entendre. La jeune femme, au cri de son fils, s'était immédiatement redressée , des larmes d'espoir coulant sur ses joues. Elle se signa, et prenant un médaillon entre ses mains qu'elle semblait serrer de toutes ses forces, elle murmura en fermant les yeux:
_Béni soit Sigmar et ses enfants! Peut-être est-il encore temps... Vas, Karl! Guide-les jusqu'à nous... et depêche-toi mon fils!
L'enfant se rua dehors sans attendre une seconde. Prenant rapidement une torche, muni du plus beau sourire qu'un enfant ait jamais eu, il se mit à courir à en perdre haleine vers la troupe qui avançait au pas. C'était un groupe de huit hommes menés par un sergent. A leur tête, un homme immense suivait un jeune homme en guenilles qui faisait de grands signes d'enthousiasme à son frère qui les rejoignait. Cet immense guerrier portait sur son épaule l'énorme masse des prêtres guerriers de Sigmar: vêtu d'une lourde armure mais restant tête nue, le crâne rasé, l'oeil ferme et décidé, à son côté pendait le Livre décoré de riches ornements métalliques. Lorsque ce dernier vit l'enfant arriver, il lui fit signe de s'arrêter et envoya Heindrich lui parler:
_Tout est réglé, Karl! Le prêtre a dit qu'il allait nous aider, Sigmar est avec nous!
Le regard sombre, le prêtre baissa les yeux vers Karl lui faisant signe qu'il approuvait ce qu'avait dit son frère. Puis il se tourna vers le sergent, lui ordonna séchemment de prendre la moitié des hommes pour pénétrer dans la maison du malade et de lui en laisser l'autre moitié. Le sergent s'éxécuta aussitôt.

Du haut d'un balcon en face de cette scène se tenait dans l'ombre la silouhette d'une jeune femme dont le visage était masqué par une large capuche. De grande taille, immobile, debout, elle avait assisté à tout ce qui s'était passé. Lorsqu'elle avait vu le prêtre, elle avait redoublé d'attention; lorsqu'elle avait entendu qu'il allait aider la famille, elle avait souri tristement puis s'était reculée un peu plus dans l'ombre. Elle vit alors les hommes qui étaient restés à l'extérieur se mettre à empiler du bois sous l'ordre du prêtre. Alors, elle entendit des bruits de luttes et de cris d'épouvante à l'intérieur de la maison. Nul ne saurait dire ce qui se passa à l'intérieur, mais tout de suite après, elle vit les quatres hommes et leur sergent trainer sept cadavres dans la rue. Une longue trainée de sang marquait leur passage, certains étaient mêmes en morceaux. Les soldats empilèrent alors les cadavres sur le bûcher ainsi dressé, ou parfois seulement les quelques bouts humains qui restaient. Puis l'un deux alluma de sa torche ce genre de sacrifice souvent nié par l'Empire.

Indifférente au carnage, l'oeil fixe et immobile, elle regardait avec insistance le brasier, ou plus précisemment le corps du malade qui se consummait lentement. Elle baissa la tête et se mit alors à murmurer des mots interdits. Lentement, elle les répétait inlassablement et se tenait les deux mains jointes, le poing droit dans sa paume gauche. Dans la ruelle, d'autres habitants, après les cris et la lueur du bûcher étaient sortis par curiosité. Les flammes dansaient sur les murs, le bois sec s'embrasait dans des gerbes d'étincelles et bientôt l'on se mit à sentir l'odeur putride des corps calcinés. L'un des soldats s'approcha du feu comme attiré par sa magie féerique.

Le prêtre n'eut même pas le temps de lui hurler de s'écarter: à peine avait-il tourné la tête vers son supérieur qu'un long bras à la fois rougi de sang et noirci par les flammes lui transperça la poitrine. Un gémissement, un filet de sang sur les lévres, la tête pencha légerement, et tout fut fini pour lui. Un rugissement bestial retentit dans la rue terrifiant les soldats, et déjà deux d'entre eux s'écroulaient au sol, l'un égorgé, l'autre éventré en une fraction de seconde. La chose qui avait été le malade était devenu une monstruosité, de ses bras s'écoulait le sang de ses trois victimes pour finir sur de longues griffes qui avaient étrangement poussé de ses ongles. Faisant face aux soldats survivants, elle balança son long bras qui taillada la poitrine des trois soldats les plus proches, rugissant de plaisir. Le sergent cria à ses hommes de reculer, puis secondé par les deux derniers valides, il chargea le monstre l'épée en avant. La bête esquiva mais trébucha maladroitement. Le sergent saisit l'occasion pour vriler sur lui même: sa lame s'abattit profondemment sur le dos de la créature qui poussa un hurlement. Folle furieuse,saisissant le sergent a deux mains, elle le lança violemment contre un mur. Ses deux hommes térrifiés après avoir entendu les os de leur chef craquer sourdemment voyaient la bête tourner sur elle-même, complétement frénétique , cherchant à toucher sa plaie dans le dos. Ils virent alors avec horreur sa blessure diminuer puis disparaître à une vitesse hallucinante. Ricanant comme un dément, la créature se jeta sur eux pour les découper dans une gerbe de sang.

Le prêtre, depuis le réveil de la chose, n'avait pas bougé mais son visage s'était assombri. Il avait vu la plaie disparaître et seulement à ce moment là il avait commencé à donner des signes d'inquiétude. Il levait les yeux autour de lui à la recherche de quelque chose, mais il n'avait rien trouvé. Lorsqu'il avait posé de nouveau les yeux sur le combat, il avait vu six corps inanimés sur le sol et trois autres agonisants se tenant la poitrine. Alors il fixa la créature qui s'apprêtait à fondre sur lui, mais calme et inflexible, il resta là, la masse à la main, prêt à combattre. Tout alla ensuite très vite: la créature, sûre d'elle se jeta sur lui en un éclair, mais il esquiva facilement la charge. D'un coup de masse, il lui brisa les reins, l'envoyant rouler sur le sol. Les yeux étincellants de lumière, il se rapprocha d'elle lentement, tenant son arme flambloyante:
_La chose qui te seconde ne peut plus rien pour toi désormais! Que la volonté de Sigmar s'accomplisse!
Prononçant ces paroles, la lourde arme se figea dans son crâne dans un bruit insoutenable. Il leva les yeux au ciel , chercha quelque chose qui lui échappait encore une fois, et en soupirant il tourna les talons fendant la foule de curieux qui s'était regroupée à distance. Il n'avait pas fait une centaine de mètres qu'une troupe de cavaliers d'une cinquantaine d'hommes s'arrêta devant lui.
_ Le travail est terminé, capitaine, nettoyez-moi la zone et éliminez les curieux. Quant aux blessés, envoyez-les aux répurgateurs pour les "vérifier".Profitez-en pour les informer qu'un cultiste du Chaos était ici, il s'est enfui à mon approche, tout est désormais pacifié.
_Bien, Sigmar vous bénisse!
_Sigmar bénisse l'Empire, soupira le prêtre.

A l'aube, loin dans les collines, La jeune femme se tenait debout et regardait le faubourg prendre feu. Un homme au visage masqué s'approcha d'elle et s'inclina au sol.
_Maitre Ademor me demande, je sais...déclara-t-elle sans se retourner, les yeux toujours fixés sur l'incendie.Puis elle tourna finalement les talons et monta lestement sur un cheval.
_Le temps du jugement est proche, murmura-t-elle avant de se lancer rapidement au galop, repartant vers le Chaos d'où elle était apparue et chevauchant vers sa destinée.
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Dietfried Kempel

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MessageSujet: Re: [Concours] Fièvre*   Lun 6 Aoû - 21:57

Candidature enregistrée.

Merci à toi Smile

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Aki Ne'Dolo
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MessageSujet: Re: [Concours] Fièvre*   Mer 22 Aoû - 20:15

On voit bien dans le texte le coté lourd, pesant, les descriptions sont assez precises, on ressent bien l'atmosphere generale qui regne dans ce village, on a une sensation de mal etre ^^.


Toutefois tu as du etre rapide sur la fin, j'aurais mis plus de details sur le combat et les personnes qui se font tuer, mais bon vu qu'il y avait une limite de 2 pages je trouve que tu t'en ai tres bien sortie, il n'y a rien de bien grave :p.


En tout cas j'ai beaucoup aimé, malgré les quelques details que je trouve manquant ^^ mais bon tu etofferas peut etre apres le concours passé Smile.

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